Meaux 2000 ans d'histoire.......

1er janvier 1594 :
 Entrée solennelle du roi Henri IV à Meaux.

 

 

Suite à la reconversion du roi Henri IV à la foi catholique, le gouverneur de Meaux, Monsieur de Vitry, prend l’initiative de réconcilier la ville avec son roi en organisant pour le 1er janvier 1594 l’entrée solennelle du Vert Galant à Meaux.. Le roi arrive à cinq heures du soir par le faubourg Saint-Nicolas, une garde d’honneur de 200 soldats l’y reçoit. Il trouve ensuite auprès des Cordeliers, le corps de justice composé de 36 personnes de robe longue. Un peu plus loin, à la porte Saint-Nicolas, Henri IV est accueilli par les 4 échevins de la ville. De là il est conduit sous un dais jusqu’à la cathédrale où le clergé l’attend au portail. Sur tout le parcours le monarque est acclamé par une foule nombreuse qui fête ainsi la fin des guerres de religions.

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8 janvier 1758 : Pierre Chartie,
prieur de l’abbaye de Saint-Faron bénit l’autel et les parties reconstruites de l’église abbatiale.


 

Le monastère de Sainte-Croix est fondé vers 660 par Faron, évêque de Meaux. Ce dernier est le fils d’Agneric de Bourgogne, un des dignitaires de la cour du roi d’Austrasie Théodebert II. Il sert les rois mérovingiens Clothaire II et Dagobert Ier. Mais à la suite d’une rencontre avec saint Colomban, il se voue tout entier à Dieu, comme sa sœur sainte Fare. Le monastère qu’il a fondé prend son nom peu après sa mort et connaît une intense activité jusqu’à l’époque moderne. Sa bibliothèque était composée de 13000 volumes à la veille de la Révolution. En 1751, les moines de l’abbaye décident de rebâtir leur église. Ces travaux s’étendent sur plusieurs années, si bien que les parties reconstruites ne sont bénies par le prieur de l’abbaye, Pierre Chartie, qu’en 1758.

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15 janvier 1825 : mise en eau du canal de l’Ourcq
 et ouverture à la navigation fluviale

   

Les premiers projets d’un canal de dérivation de l’Ourcq en direction de Paris remontent au début du 16ème siècle. L’objectif primitif était de faciliter l’approvisionnement en bois de chauffage et de construction de la capitale à partir de la forêt de Retz. A la fin du 17ème siècle, l’idée de construire un canal navigable débouchant dans le faubourg Saint-Antoine fait son chemin. Mais les véritables travaux ne commencent qu’en 1802, pour durer jusqu’en 1825.

En 1836, un service de bateaux-poste est institué entre Meaux et Paris. La liaison est assurée en 4 heures, avec des bateaux transportant une soixantaine de passagers. Mais l’arrivée du chemin de fer en1849 signe la fin de ce mode de transport.


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22 janvier 1792 : Le corps municipal propose la suppression du pain de luxe et de fantaisie
 et l’instauration d’une seule sorte de pain.


  

Sous la Révolution française, l’année 1792 commence pour le nouveau régime avec de graves problèmes liés aux subsistances qui dégénèrent en troubles sporadiques dans les centres urbains. La récolte n’est pourtant pas mauvaise, mais les marchés ne sont pas approvisionnés et le prix du pain augmente de manière vertigineuse.

A Meaux, le 22 janvier 1792, le corps municipal propose de supprimer le pain de luxe et de fantaisie et n’autoriser les boulangers qu’à fabriquer une seule sorte de pain. Une assemblée publique est convoquée dans l’ancien local de l’Arquebuse qui adopte cette proposition. Un prix unique est par ailleurs établi. Il s’élève à 25 sous 1 denier pour 12 livres de pain.

Malgré ces mesures les marchés restent dégarnis et des émeutes se

produisent à Meaux au cours des mois de février et mars suivants. L’effervescence est à son comble notamment le 20 mars, lorsque la population apprend qu’un bateau chargé de cent muids de blé descend la Marne pour approvisionner l’Hôtel-Dieu de Paris. Les représentants de la ville sont dépêchés dans la capitale où ils obtiennent de prélever sur cette cargaison, 40 muids de blé au profit de la population meldoise. Mais, il est trop tard, à leur retour à Meaux, le bateau a déjà atteint Tribardou.


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26-27 janvier 1910 : Crue de la Marne
et inondation de Meaux.


 

Vers la fin du mois de janvier 1910, la Marne quitte son lit et retrouve partiellement son ancien cours qui passait jadis au pied des collines de Crégy. La rivière  submerge ainsi les parties basses de la ville, c’est à dire une bonne partie du faubourg Saint-Nicolas et la partie nord de la plaine de Saint-Faron et de Chaage. L’historien de Meaux, Georges Gassies qui a été témoin de ces inondations écrit à ce sujet : « La terrible inondation qui vient de désoler notre ville datera dans les fastes sinistres de l’Histoire. De mémoire d’homme, jamais la Marne n’avait à ce point dépassé les berges, jamais elle n’avait commis l’indécence de sortir de son lit pour pénétrer dans le logis des habitants ». En effet, la crue de 1910 atteint la cote historique de 7,75m au dessus du niveau habituel.


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Février 1965. Lancement du projet d’extension de la ville de Meaux avec la construction
du nouveau quartier de Beauval.

 

 

Dans son long entretien avec le journal La Marne, le Maire de Meaux, Jean Bouvin, présente les grandes lignes du projet d’extension de la ville de Meaux. Celui-ci, dès l’année 1965, se traduit dans une première phase, à la suite de la construction de la Pierre Collinet, par le lancement de 2100 logements de toutes catégories, locatifs et en accession à la propriété, dans la plaine de Beauval. La durée des travaux est prévue sur 3 an.

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7-8 février 1682 : Entrée solennelle de Bossuet
à l’évêché de Meaux.

 

 

Bossuet a 54 ans lorsqu’il prend possession du siège de Meaux, il est dans toute la splendeur de son génie, dans tout l’état de sa renommée. Le Mercure Galant de mars 1682 relate de la manière suivante l’arrivée du prélat dans la ville :

« si-tost qu’on sçeu que Mgr l’Evesque de Meaux approchait, la campagne fut couverte d’une infinité de gens de la ville de l’un et de l’autre sexe, que l’impatience de luy rendre respects fit aller à sa rencontre. Les officiers magnifiquement vétus, les archers couverts de casaques neuves des couleurs du Roy & tous bien montez. Les trompettes qui les précédoient, mesterent agréablement leurs fanfares au bruit des tambours & des fifres des compagnies, aux cris de Joye de tout le peuple.

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15 février 1814 : Napoléon Ier fait étape à l’évêché pendant la campagne de France.


 

Lors de la campagne de France en février 1814, alors que l’empereur Napoléon Ier s’apprête à réduire définitivement l’armée prussienne commandée par Blücher, la nouvelle lui parvient de l’avancée des armées austro-russes vers Paris par Provins, Nangis et Fontainebleau. Il abandonne donc la poursuite de Blücher pour aller à la rencontre de la nouvelle menace. C’est à cette occasion que l’empereur arrive à Meaux avec son état-major, le soir du 15 février 1814 et s’établit au palais épiscopal où il passe la nuit à préparer les plans de sa future attaque. Les jours suivants, il parvient à repousser provisoirement l’ennemi. Mais dès la fin du mois de février les armées coalisées reprennent l’offensive. Paris tombe le 31 mars et Napoléon abdique le 6 avril. 

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27 février 1814 : Campagne de France.
 Premier combat de Meaux .Le boulet Russe.

 

 

 Alors que les troupes russes avancent vers Paris par la Ferté-sous-Jouarre, l’armée russe, elle, avance par Saint-Jean-les Deux-Jumeaux vers Trilport. N’ayant pas réussi à franchir la Marne à cet endroit, les russe se portent donc le 27 février 1814 au sud de Meaux et prennent position sur les hauteurs de Cornillon. L’entrée de la ville (pont et porte de Cornillon) donne lieu à une résistance acharnée au cours de laquelle se distingue un enfant de Meaux, vétéran de l’armée d’Espagne, Charles-Aimé Lupette. Les Russes installent alors leur artillerie sur une éminence qui était occupée par un moulin à vent et de cette position bombardent le quartier du marché. Les boulets russes pleuvent sur la ville. L’un d’eux est encore visible aujourd’hui, fixé dans le mur d’une maison de la place du marché. 

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4 mars 1900 : Inauguration de l’Hôtel de ville de Meaux

 

 

« Le monument qui se dresse devant nous…est dû…à l’un de nos concitoyens, M.Boudinaud, qui a merveilleusement tiré parti des moyens dont il disposait…L’architecte a mis dans son œuvre tout son talent, tout son cœur de meldois, aussi bien pour faire grand que pour construire avec économie…, rien ne fut négligé, ni pour les services, ni pour le monument architectural ; et ces belles colonnes ioniques, cette façade majestueuse d’un beau style français, cet élégant campanile dont la flèche hardie s’élance comme pour porter toujours plus haut les libertés communales, forment un ensemble harmonieux qui fait de ce monument l’un des plus imposant de notre chère région briarde, où il affirmera avec majesté le triomphe de la liberté et du progrès républicain ».

(discours du maire de Meaux, Léon Barbier). 

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Mars 1789 : réunion des trois ordres et rédaction des cahiers de doléances en vue de l’assemblée
des États Généraux.

 

 

En 1789, Louis XVI décide de convoquer les États-Généraux du royaume afin de trouver un remède aux problèmes financiers de l’État et d’engager des réformes qui paraissent indispensables. Dans tous les bailliages du pays, dans les villes comme dans les villages, les trois ordres : noblesse, clergé et tiers-état se réunissent et rédigent des cahiers de doléances. A Meaux, les procès verbaux de la réunion de l’ordre de la noblesse qui se tient à l’évêché le 9 mars, ont été conservés. Après de nombreuses journées de débat, un texte est adopté le 18 mars par l’ordre de noblesse. Il reçoit l’approbation totale du clergé, mais fait l’objet de deux réserves exprimées par le tiers-état. Le 21 mars enfin, les trois ordres font connaître leurs députés respectifs qui devront siéger aux États-généraux du mois de juin. Les députés du tiers-état sont

 Messieurs Houdet, maire de Meaux, Désécoutes et Ménager. La noblesse est représentée par d’Aguesseau et le comte de Clermont. Enfin le curé d’Isle-lès-Villenoy, Barbou, et l’abbé Ruellème, de l’abbaye, de l’abbaye de Saint-Faron, représentent le clergé.

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19 mars 1516 : Entrée solennelle de
 Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux.



Arrivé à Meaux, la veille de son entrée solennelle, Guillaume Briçonnet couche au prieuré des Saint-Pères dans le faubourg Cornillon, conformément à l’usage établi. Le lendemain matin, les chanoines du chapitre cathédral et les frères des Cordeliers se présentent en procession aux portes de ce prieuré pour accompagner le nouvel évêque jusqu’à la cathédrale. De nombreuses personnalités civiles sont présentes. L’évêque, assis sur son siège, est d’abord porté jusqu’à la croix du Marché. Là, il descend et marche en signe d’autorité et de juridiction temporelle jusqu’à la halle. Puis il est une seconde fois porté jusqu’au pont qu’il traverse à pied. Il est conduit jusque devant l’Hôtel-Dieu où il redescend et marche jusqu’à la cathédrale.

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22 mars 1549 : Un malheureux nommé Malé, condamné pour sorcellerie est brûlé vif au pré aux mortiers
(actuelle place Lafayette).



A partir de la deuxième moitié du XVIème  siècle, une grande vague de répression de la sorcellerie touche à des degrés divers l’ensemble des territoires d’Europe. La région de Meaux n’est pas épargnée par ce mouvement. En 1549, sans que l’on connaisse les détails de l’accusation, on retrouve un nommé Malé, brûlé comme sorcier sur le pré aux mortiers, dans des circonstances qui ont marqué les mémoires. On sait que le supplice de ce malheureux fut terrible, les flammes s’éloignaient ou se rapprochaient au gré de la pluie et du vent et prolongeaient le supplice inutilement. Le bourreau d’un coup de bûche libérateur fit cesser les souffrances du con damné. 

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Fin mars-début avril 1229 : Le traité de Meaux met fin à la croisade des Albigeois.



En 1209, l’assassinat d’un légat du pape Innocent III par un page du comte de Toulouse Raymond VI, déclenche la croisade des Albigeois dans le Midi. Les croisés, commandés par Simont de Montfort, cherchent à éradiquer l’hérésie cathare. Ils reprochent également au comte de Toulouse sa passivité, sinon sa sympathie pour les hérétiques.

Au début de l’année 1229, le comte Raymond VII, qui avait succédé à son père, se trouve dans une situation critique. Les cathares étaient pratiquement éliminés et le comte de Toulouse n’avait plus d’autre choix que de négocier une paix inégale avec le roi de France, Saint-Louis.

Grâce à l’entremise du comte de Champagne, des négociations sont menées à Meaux entre les émissaires du comte de Toulouse

et des représentants du roi. Elles débouchent sur un traité de paix qui scelle l’abaissement définitif du puissant comté de Toulouse, surtout par le mariage de Jeanne de Toulouse au frère de Saint-Louis, Alphonse de Poitiers. Le traité stipulait que le Languedoc reviendrait à la couronne de France, à la mort de ces époux, ce qui fut fait en 1271.

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5 avril 1356 : Fondation de L’hôpital Jean Rose.



Une charte d’approbation de l’évêque Philippe de Vitry autorise la fondation d’un hôpital par le bourgeois Jean Rose.

Jean Rose est un riche bourgeois de Meaux, marchand de grains. En 1356, cédant à des sentiments de charité chrétienne, il décide de fonder un hôpital pour 25 pauvres aveugles de l’un et de l’autre sexe, et pour 10 jeunes enfants à l’éducation desquels il a soin d’affecter une rente. Il y joint 12 lits pour héberger les pauvres passants. L’évêque Philippe de Vitry donne son approbation à cette fondation pieuse qui est installée sur un terrain concédé par l’évêque dans le faubourg Saint-Rémy. Cet hôpital fonctionne jusqu’en 1647 grâce à des religieux de Saint-Augustin. A cette date il est remplacé par le séminaire. 

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12 avril 1704 Mort de Bossuet, ses funérailles à Meaux.



Jacques-Bénigne Bossuet s’éteint à Paris dans la nuit du 11 au 12 avril 1704. Le 16 son corps embaumé est transporté à Meaux et inhumé dans le cœur de la cathédrale côté sud. Les obsèques se font en grande pompe le lendemain. L’ancien curé de Versailles, M.Héhert, devenu alors évêque d’Agen, y officie entouré de nombreux prélats. En 1724, la pierre tombale de Bossuet, fut transportée derrière le maître autel, lorsqu’on dalla le sanctuaire. Elle fut détériorée pendant la Révolution. Ce n’est qu’en 1854 qu’une nouvelle dalle de marbre noir remplaça la précédente et retrouva sa véritable place. 

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20 avril 1854. Rapport rédigé par l’architecte
Viollet-le-Duc sur les travaux de restauration
de la cathédrale de Meaux.



La cathédrale Saint-Etienne de Meaux a fait l’objet de travaux de restauration pratiquement sans discontinuité depuis les années 1830 jusqu’à la veille de la guerre 14-18. Dans les années 1870, Viollet-le-Duc visite à plusieurs reprises le chantier de la cathédrale et rédige des notes à l’attention du bureau des Monuments Historiques. Dans son rapport du 20 avril 1854, le restaurateur de Notre-dame de paris constate l’urgence des travaux qu’il convient d’exécuter à Meaux et souligne notamment que les arcs-boutants sont en ruine. Il ne manque pas d’ailleurs de critiquer les options choisies par l’architecte chargé des travaux de restauration, à Meaux, M.Danjoy.


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Avril 1179 : Octroi de la charte communale
 par Henri Ier le Libéral, comte de Champagne.




« Le terme de commune, qui désigne aujourd’hui une circonscription civile administrée par un maire, assisté d’un conseil municipal, désignait au Moyen Age une ville qui s’était affranchie du joug féodal, qui se gouvernait elle-même au moyen d’une magistrature élective, qui avait le droit de faire des statuts en matière civile, commerciale et judiciaire, qui avait sa police et ses revenus (…)

A Meaux, la commune fut obtenue du comte de Champagne, en dehors de toute ingérence cléricale et royale, et vraisemblablement grâce à la force des corps de métiers existant à la fin du XIIème siècle. Il n’est question dans la charte de 1179, ni de l’évêque, ni du roi, et lorsque les Meldois obtiennent la confirmation de leurs franchises, c’est de leur comte Thibaut III

 

 en 1198, de leur comtesse Blanche de Navarre en 1203, de leurs

 Comtes Thibaut IV en 1222, Thibaut V en 1258 et 1268, Henri III en 1274.

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1er mai 1547. Première représentation théâtrale
 dans le premier théâtre ouvert à Meaux.

 

 

 

Le premier théâtre de Meaux est un établissement éphémère constitué en bois et couvert de toile comme un cirque de l’antiquité. Il était situé à l’emplacement actuel de l’annexe du Lycée Moissan (rue des Ursulines).

Le médecin Claude Rochard qui l’avait fréquenté en donne la description suivante :

« Il était creux par dessous, par le moyen de quoi se faisaient de belles machines, y ayant gens expérimentés pour cet effet. Les représentations y durèrent deux années excepté les hivers. Le premier été le dit théâtre était couvert de toile, quoiqu’il fût grand, mais cela ne dura guère en ce qu’elle fut rompue du vent nonobstant qu’il y eût grande quantité de cordes par dessus et par dessous. Le circuit dudit théâtre était haut et fait par degrés de planches, et en haut il y avait des loges tout autour fermant à clef, lesquelles étaient louées à des habitants de Meaux ».

Ce n’étaient pas des acteurs professionnels qui donnaient les représentations mais bien des gens de la ville qui y jouaient des Mystères, inspirés de l’Ancien ou du Nouveau Testament.

 

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Mai 1807 : démolition de l’église abbatiale
 de Saint-Faron

 

 

«  Acquéreur de la démolition de la ci-devant église de Saint-Faron sise en cette ville. Je viens vous soumettre le plan du portail de cette église dont la construction n’a pour d’autant plus belle qu’il offre un moyen d’embellir une des entrées e cette ville, notamment celle de la porte Saint-Rémy. Occupé dans ce moment-ci à la démolition de ce grand édifice il en coûte à mon cœur de détruire un si beau chef d’œuvre qui peut tout à la fois servir d’ornement à cette ville et faire honneur parfaitement au magistrat qui la gouverne. Jamais la ville de Meaux ne pourra trouver une occasion aussi avantageuse pour former un si bel établissement à la porte Saint-Rémy. 

 

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15 mai 1791. Fermeture de l’abbaye des chanoines réguliers de Chaage.

 

 

En 1108 Guillaume de Champeaux fonde à Paris l’abbaye des chanoines réguliers de Saint-Victor, qui acquiert très vite une solide réputation de centre d’enseignement théologique. A Meaux, en 1135, une abbaye de chanoines réguliers est fondée, sur le modèle de la communauté de Saint-Victor. L’église de l’abbaye, Notre-Dame de Chaage, est en même temps église paroissiale. Cette abbaye eut à souffrir plusieurs fois du passage des troupes armées. La dernière reconstruction de son église remonte à 1616. Après la fermeture de l’abbaye sous la Révolution, les bâtiments et les dépendances sont vendues comme biens nationaux. Entre 1800 et 1820, l’église est presque entièrement détruite, à l’exception d’un bas-côté qui subsiste encore aujourd’hui et fait partie de l’école Sainte-Marie.

 

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29 mai 1244 Les religieux Trinitaires prennent
 la direction de l’Hôtel-Dieu.

 

 

L’ordre des Trinitaires est fondé par Saint Jean de Matha et Saint Félix de Valois en 1199. La maison-mère se trouvait à Cerfroid, à une vingtaine de km au nord de Meaux. Les Trinitaires se donnent comme mission d’œuvrer pour le rachat des captifs chrétiens tombés en servitude lors des croisades en Orient. Mais très vite, ils diversifient leur action et s’affirment comme un véritable ordre hospitalier au service des pauvres et des malades. La direction de l’Hôtel-Dieu de Meaux leur est confiée le 29 mai 1244 par l’évêque Pierre de Cuisy. En 1520 l’évêque Guillaume Briçonnet expulse les Trinitaires de l’Hôtel-Dieu leur reprochant une mauvaise gestion. Ces derniers fondent alors une maison dans le faubourg Saint-Rémy (actuelle chaussée de Paris).

 

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Juin 1522 : Lefèvre d’Etaples fait imprimer à Meaux son « Commentaire des Evangiles ».

 

 

Entre 1521 et 1523, l’évêque Guillaume Briçonnet réunit à Meaux un groupe de théologiens réformateurs connus sous le nom de « Cénacle de Meaux ». La figure la plus célèbre de ce groupe est Jacques Lefèvre d’Etaples. Il est nommé à la maîtrise de la maladrerie Saint-Lazare dans le faubourg Saint-Nicolas. Tout en s’occupant de la gestion de cet établissement, Lefèvre d’Etaples poursuit ses travaux de théologie. Sa tâche majeure fut d’éditer ses commentaires sur les quatre Evangiles et de préparer une traduction des Evangiles. Ses commentaires sont imprimés en juin 1552 à Meaux. Un an plus tard, Lefèvre d’Etaples publie enfin l’une des premières traductions des Evangiles en langue française. L’Ecriture Sainte est désormais accessible à un plus grand nombre de lecteurs.

 

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Vers le 9 juin 1358 : Massacre des « Jacques » à Meaux.

 

 

En 1358, le roi de France Jean le Bon est capturé par les Anglais lors de la bataille de Poitiers. L’anarchie s’installe dans le pays. La bourgeoisie parisienne, dirigée par Etienne Marcel, se soulève contre les nobles. Au même moment les paysans se révoltent. Poussés au désespoir par l’excès de malheur, ils prennent les armes. Ces paysans portaient la jaquette, c’est pourquoi par dérision, on les appelait Jacques Bonhomme, sobriquet accompagné de railleries et d’insultes. Un petit groupe de ces Jacques se joint aux partisans d’Etienne Marcel que dirigeait Jean Vaillant. Ils se rendent à Meaux, où le maire Jean Soulas, gagné à leur cause, leur ouvre les portes de la ville sur la rive droite. La noblesse parisienne qui s’était réfugiée à Meaux, est assiégée dans le quartier du Marché. Mais des renforts commandés par le Comte de Foix, Gaston Fébus, arrivent. La Jacquerie est écrasée dans le sang et les bourgeois complices de la révolte sont punis. Le maire Jean Soulas est pris et pendu.

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17 juin 1920 : Incendie des moulins
 du vieux pont du Marché.



« La principale curiosité de Meaux, après la cathédrale, était sans conteste le groupe de ses vieux moulins, construits sur pilotis, en travers de la Marne, sur un des flancs du pont qui réunit la ville au Marché. Dès la plus haute antiquité, les chartes attestent à cet endroit l’existence de moulins. Au XVIème siècle, lors des troubles religieux dont Meaux fut le théâtre, les moulins du pont brûlèrent le 2 novembre 1567…les moulins d’aval…qui étaient analogues à ceux du pont ont été détruits par un incendie au mois d’août 1843. (A ces) dates funestes…il faut donc maintenant ajouter celle de la nuit du 16 au 17 juin 1920. Les vieux moulins avaient échappé à cinq ans de vicissitudes inouïes, aux bombes qui ont détruit les villes entières en quelques heures, en pleine paix, ils ont péri, sans qu’on pût rien faire pour les sauver ».

 

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24 juin 1789  De retour de Varennes, Louis XVI et Marie-Antoinette passent la nuit à l’évêché de Meaux.



Louis XVI et les siens fuient le palais des Tuileries dans la nuit du 20 juin vers deux heures du matin. Ils passent par Meaux où le maître de poste Petit change les chevaux de leur berline sans les reconnaître. La famille royale est arrêtée à Varennes le lendemain. C’est sur le chemin du retour que le cortège s’arrête pour la nuit au palais épiscopal de Meaux le 24 juin. La traversée du faubourg Saint-Nicolas se fait difficilement à cause d’une foule immense et survoltée qui déborde l’escorte. Les voitures s’avancent cependant au milieu des vociférations et atteignent péniblement la cour de l’évêché. La famille royale passe la nuit dans les appartements de l’évêque. Le roi et le dauphin s’installent dans la chambre qui fut celle de Bossuet. La reine, Madame Royale et la sœur du roi couchent dans la seconde pièce qui fut le cabinet de travail du grand prélat.

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Juin 1562 : Les huguenots s’emparent de la ville de Meaux et dévastent de nombreux édifices

 dont la cathédrale.



Renforcés par des huguenots venant de Paris, les huguenots de la région de Meaux se réunissent en assemblée dans le quartier du Marché et se donnent pour chef, Louis de Meaux, seigneur de la Ramée. Ils s’emparent des clefs de la ville, établissent des gardes aux portes, puis se dirigeant vers la cathédrale, ils s’acharnent sur le décor sculpté et le mobilier liturgique. Sont partiellement ou entièrement détruits : les bas-reliefs en albâtre qui ceinturaient le chœur de la cathédrale, les bas-reliefs des tympans et les statues placées dans les niches encadrant les portails de l’édifice. A la suite de ces évènements le pouvoir royal décide la démolition d’une partie des fortifications du Marché, en particulier la porte qui fermait l’accès au pont. Les huguenots de Meaux sont ainsi privés des avantages liés à ces fortifications.


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Juillet 1839 : lors d’un voyage pour l’Allemagne, Victor Hugo s’Arrête à Meaux et visite la cathédrale.



« Trois choses m’ont intéressé à Meaux : un délicieux petit portail de la Renaissance accolé à une vieille église démantelée, à droite en entrant dans la ville ; puis la cathédrale, un bon vieux logis de pierre de taille, à demi fortifié, flanqué de grandes tourelles engagées. Il y avait une cour. Je suis entré bravement dans la cour, quoique j’y eusse avisé une vieille femme qui tricotait. Mais la bonne dame m’a laissé faire. J’y voulais étudier un fort bel escalier extérieur, dallé de pierre et charpenté de bois, qui monte à la vielle maison, appuyé sur deux arches surbaissées et couvert d’un toit-auvent à arcades en anse de panier. » (Victor Hugo, le Rhin.) 

 

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14 juillet 1884 : Inauguration du Palais de Justice, rue des Cordeliers, près de la place Henri IV.



Le premier projet de construction du Palais de Justice prévoyait son emplacement au milieu de la place Henri IV. Mais, face à l’opposition des habitants, il fut abandonné. On se contente alors de le bâtir à proximité de la Maison d’arrêt, en retrait de la place. Il est élevé d’après les plans de l’architecte M.E.Carmut. La première pierre de ce Palais de Justice est posée solennellement le 14 juillet 1883. Un an après, jour pour jour, l’édifice est inauguré. Le tribunal de Meaux qui occupait auparavant une partie de l’ancien château des comtes de Champagne, prend possession de son nouveau siège et y demeure en activité pour plus d’un siècle. Ce n’est qu’avec la construction de la Cité Administrative en 1986, qu’un nouveau Palais de justice, plus moderne et plus spacieux, est inauguré devant l’Esplanade de l’Europe.

 

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20 juillet 1439 : Le connétable de Richemont assiège les Anglais qui occupent Meaux depuis 1421.



Arthus de Bretagne, comte de Richemont, connétable de France, vient avec 4000 hommes seulement mettre le siège de Meaux. Il est puissamment aidé par l’habile artilleur Jean Bureau. Ce dernier était originaire de Champagne et avant le déclenchement des hostilités n’était que simple receveur des finances à Paris. Pendant les combats, ses talents pour la science de l’artillerie se révèlent par hasard. Il perfectionne les canons et leur donne une remarquable justesse de tir. L’artillerie de Jean Bureau permet le 12 août de pratiquer une brèche suffisamment large dans les fortifications de la ville. Le connétable de Richemont ordonne l’assaut final et la ville est libérée après 17 ans d’occupation anglaise. 

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Juillet 1379 : Le bailli de Meaux, Gacé, est condamné
à faire amende honorable auprès du chapitre cathédral, sur le lieu même où il avait arrêté le bandit Maugarni.



Le bailli Gacé avait procédé à l’arrestation d’un bandit de grand chemin, dénommé Maugarni, devant la porte qui donnait accès à la cour du chapitre, dans le bas-côté sud du chœur de la cathédrale. Le chapitre cathédral considérant que le bailli avait violé l’enceinte sacrée de la cathédrale, porte plainte et obtient un arrêt du parlement condamnant le bailli à 500 livres d’amendes et  « à faire conduire dans une charrette, au Marché de Meaux, une bûche, sur laquelle serait représentée la figure d’un homme ; là, la faire pendre puis dépendre, et ramener à l’endroit où il avait fait prendre et justicier Maugarni, et là enfin la restituer, l’embrasser et demander pardon, tête découverte à l’évêque et au chapitre ». Depuis cette date, cette porte de la cathédrale est appelée porte Maugarni.


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10 août 1730 : Mort de Sébastien de Brossard, maître de chapelle à la cathédrale de Meaux.

 

Né le 12 septembre 1655, Sébastien de Brossard fait ses études chez les Jésuites de Caen puis à l’Université de cette ville. A vingt ans, il se destine à l’état ecclésiastique. Sa vocation musicale, autodidacte, lui vient pendant son séjour à Paris au cours des années 1680, mais s’affirme réellement à Strasbourg, où il fonde une Académie de musique, donne des leçons et organise des concerts. En 1698, il obtient la place de maître de chapelle de la cathédrale de Meaux. C’est dans cette ville qu’il publie son Dictionnaire de musique, le premier en français, qu’il dédie à l’évêque Bossuet et qui lui vaut une très forte notoriété. Vers la fin de sa vie, il fait entrer son importante collection musicale à la Bibliothèque du roi. Il meurt à Meaux, le 10 août 1730 et est inhumé dans la cathédrale. Sa pierre tombale se trouve entre les piliers de la première travée du chœur, côté nord, face à la grande chaire.


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14 août 1910 : Pour la première fois un avion survole la ville de Meaux

 

 

En 1909, les autorités militaires installent dans la plaine de Beauval un parc aéronautique. Des hangars sont construits capables d’accueillir des dirigeables et les premiers prototypes d’avions. Meaux figure désormais sur une ligne aérienne reliant Paris à l’est de la France. Le parc aéronautique de Beauval qui occupait l’emplacement actuel de l’usine de Sinnova, était la première escale où les dirigeables et les aéroplanes militaires se rendant vers la frontière pouvaient trouver un abri confortable et le nécessaire à leur ravitaillement. A partir de 1910, des aviateurs volant sur des prototypes artisanaux font escale fréquemment au terrain aéronautique de Beauval. L’un d’eux, Hubert Latham survole trois fois la ville avec son « Antoinette », le 14 août 1910.

 

 



17 août 1944 .Exécution du commandant Berge, chef de la résistance meldoise par les occupants nazis.

 

 

En la personne du commandant Berge, les meldois honorent un grand soldat et un héros de la Résistance. Depuis son engagement volontaire à 17 ans et demi en 1918 pendant la 1ère guerre mondiale, jusqu’à sa mort face à l’ennemi, le 17 août 1944, le commandant Berge n’a cessé de répondre aux appels répétés de la patrie. Il est dans notre région, l’un des chefs des Forces Françaises de l’Intérieur. Arrêté le 5 août 1944 par la Gestapo sur le quai Thiers (Jacques Prévert actuel), il est retenu en prison à Fontainebleau jusqu’au 13 août. Ce jour-là, avec 13 autres condamnés, il est emmené dans la forêt de Fontainebleau, il creuse sa tombe comme ses compagnons d’arme et tombe sous les balles nazies au lieu-dit Cornebiche.

« Le corps du Commandant Berge a été identifié parmi les cadavres retrouvés à Fontainebleau. La découverte du charnier d’Arbonne vient d’éclaircir le doute qui planait encore sur la

 disparition du Commandant Berge, arrêté à Meaux quelques temps avant la Libération. Son corps a été retrouvé dans une des lugubres fosses dans lesquelles gisaient les restes de 36 patriotes massacrés par les brutes nazies. Nous saluons avec émotion, la mémoire de ces héros de la résistance ».

Au cours de la réunion des FFI qui se tient à la mairie de Meaux le vendredi 29 décembre, le capitaine Philadelphie lit un hommage au Commandant Berge et lève un peu le voile sur ce qu’avait été la Résistance dans la région de Meaux.


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27 août 1944. Les Américains libèrent Meaux

 

 

Les forces alliées, principalement les américains, arrivent par Villenoy le dimanche 27 août aux environs de 19 heures. L’arrière-garde allemande avait déjà quitté la ville en direction de Trilport, si bien que Meaux est libérée sans combats notables. A 20 heures tout est fini et les habitants peuvent fêter la libération de la ville en se rassemblant place de l’Hôtel de Ville. Le lendemain matin, les résistants sont convoqués par Paul Barennes qui lance un appel au calme à la population. Dès le lundi 28 août tout rentre dans l’ordre. Pendant la première semaine suivant la Libération, des bals fleurissent un peu partout, chaque soir, dans les rues, grâce à des orchestres montés à la hâte. Des bals sont donnés également dans les salons de l’Hôtel de Ville. 

 

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2 septembre 1849 : Inauguration de la ligne de chemin de fer Paris - Meaux par Louis-Napoléon Bonaparte.

 

 

Dès le mois de mars 1839, la Municipalité de Meaux est sollicitée pour donner son avis sur des projets de tracé de ligne de chemin de fer. L’arrivée du train constitue un énorme progrès et améliore les relations avec Paris, c’est pourquoi les autorités municipales font tout leur possible afin d’obtenir un tracé avantageux et surtout un embarcadère permettant aux trains de faire halte à Meaux. Ces efforts sont couronnés de succès et le 20 mai 1849, la première Stephenson s’arête à Meaux. Le 2 septembre de la même année, le prince-président, Louis-Napoléon Bonaparte inaugure officiellement la ligne Paris-Meaux. Il faut cependant attendre 1890 pour voir la ville dotée d’une gare à sa véritable mesure. Le chemin de fer bouleverse les habitudes. Le trafic passager cesse en quelques années sur les voies fluviales et celui des marchandises décline considérablement.

 

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