MEAUX 2000 ans D'HISTOIRE....suite


5-10 septembre 1914 : Bataille de la Marne.


 

Fin août 1914, les armées françaises et britanniques engagées au nord-est de la France sont contraintes de se replier face à l’offensive allemande dirigée par le général von Kluck. Paris étant sur le point de tomber, le général Joffre et son état-major ainsi que le général Galliéni, gouverneur de Paris, conçoivent une manœuvre destinée à rétablir la situation. Les Allemands attirés vers le sud-est dans la perspective d’un encerclement de la capitale, présentent leur flanc au Viè corps d’armée française commandé par le général Maunoury, concentré devant Paris. La contre-offensive de la Viè armée est menée du 6 au 13 septembre, sur un front étendu du nord-ouest de Meaux (Chauconin-Chambry) à Verdun. Grâce à la victoire de la Marne, l’armée allemande est repoussée et le front se stabilise au-delà de l’Aisne. 

 

 

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11 septembre1932 : inauguration du Monument américain (œuvre de Frédérick Mac Monnies ),

par le président de la République


 

« Le cortège officiel se rendit alors en voiture au mémorial américain érigé à quelques kilomètres de Meaux, sur la colline de Varreddes. C’est, sculpté dans la pierre, un groupe un peu déconcertant, mais qui ne manque point d’une certaine grandeur.

Il symbolise, sous les traits d’une femme énergique et résolue, la France se dégageant de ses ennemis qui l’accablent tout en soutenant un de ses fils qui vient de se faire tuer pour elle. Au bas du socle un ciseau énergique a buriné l’ordre du jour de Joffre(…)

Bientôt le Président de la République, M.Albert Lebrun, qui n’avait voulu venir à Meaux qu’en visiteur et qui à ce titre ne prononça pas de discours, arrivait accompagné du président du Conseil qui eut au cours de la cérémonie un entretien très remarqué avec le Général Weygand. » (l’Illustration, 17 septembre 1932)

 

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Septembre 1955 : le conseil municipal vote   le principe de construction 

 « d’une ville radieuse de 2000 logements » sous la direction de Le Corbusier architecte. 


 

L’essor urbain de Meaux depuis les années 1950, s’inscrit dans un plan d’ensemble d’urbanisation de la région parisienne. Tout commence en septembre 1950 par une proposition spontanée du célèbre architecte Le Corbusier, pour élever à Meaux, une « ville radieuse » ». Le conseil municipal adopte le principe de ce projet pilote qui comprend cinq unités d’habitations sous forme de barres orientées nord-sud et deux tours cylindriques pour célibataires. Ces immeubles devaient se dresser sur un tapis de verdure où s’enchevêtreraient les différentes voies de circulation. Après quatre ans de pourparlers, Le Corbusier se retire et son projet est abandonné. Ce sont les disciples du grand architecte : Jean Ginsberg et Max Tournier, assistés d’André Illinski et Martin Schulz van Ttreeck qui dirigent à partir de 1959 la construction à la Pierre Collinet de 1848 logements. La nouvelle cité est accueillie comme un modèle de réussite urbanistique. 


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27 septembre 1567 : Journée de Meaux, tentative d’enlèvement du roi Charles IX par les protestants.

 

En septembre 1567, le roi Charles IX vient passer plusieurs jours à Montceaux, au château que sa mère, Catherine de Médicis, séduite par le charme de ce site exceptionnel, avait fait construire en 1547. Les principaux chefs du parti protestant projettent à ce moment là de s’emparer du roi. Mais un détachement de 6000 Suisses parvient à déjouer leur plan et raccompagne Charles IX jusqu’à Paris. Des chefs protestants locaux prennent part à cette opération, notamment Louis de Meaux, seigneur de la Ramée, qui commandait une compagnie de gens de pied. Peu de temps après le coup de force de Meaux, le seigneur de la Ramée est capturé par le parti catholique. Conduit à Meaux, il est jugé sommairement le 10 novembre 1567 et décapité devant le parvis de la cathédrale. Sa tête est placée sur la porte Saint-nicolas à l’entrée de la ville.

 

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4 octobre 1546 : Arrêt et condamnation de quatorze protestants de Meaux au bûcher.


 

Le 8 septembre 1546, le prévôt de Meaux, accompagné du prévôt des maréchaux et de tous ses archers, encadrent la maison d’Etienne Mangin, cardeur de laine dans le quartier du Marché. Une soixantaine de huguenots y sont arrêtés. Leur procès est instruit à Meaux et jugé à Paris. Le 4 octobre, la cour rend contre eux un arrêt qui condamne quatorze d’entre eux à être « brûlés tous vifs au grand Marché de Meaux, au lieu le plus commode et proche de la maison d’iceluy Mangin dans laquelle les dits cas et crimes (d’hérésie) ont été commis, auquel seront les dits Pierre Leclerc et Etienne Mangin tresnés sur une claye, les autres ci-dessus nommés menés dans des tombereaux, du lieu desdites prisons royales dudit Meaux. Et les livres trouvés en leur possession brûlés…Et néanmoins ladite chambre a ordonné qu’auparavant l’exécution desdits quatorze prisonniers, ils seront mis à la torture et question extraordinaire, pour par eux déclarer et enseigner lesdits fauteurs, alliés et complices, et autres personnes suspectes de leur secte et erreur ».


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Automne 1553 : Ronsard fuyant la peste qui sévit à Paris, se réfugie à Mareuil-les-Meaux.

Il y décrit les paysages de Meaux et vante la qualité de son bon vin.


 

« Encependant que le pesteux Automne

Tes citoiens l’un sur l’autre moissonne,(…)

Ici, fuiant ta ville périlleuse

Je suis venu près de la Marne l’ileuse,

Non guere loin de la part, où ses eaus

D’un bras fourchu pressent les murs de Meaus :

Meaus, dont Bacus songneus a pris la garde,

Et d’un bon œil ses collines regarde

Riche de vin qui n’est point surmonté

Du vin d’Aï en friande bonté

Non seulement Bacus les favorise,

 Mais sa Compagne, et le pasteur d’Anfrise,

L’une y faisant les épis blondoier,

L’autre à foison les herbes verdoier.

Dès le matin que l’Aube safranée

A du beau jour la clarté ramenée,

 

Et dès midi jusque aus raions couchans

Tout égaré je me pers dans les champs,

A humer l’air, à voir les belles prées,

A contempler les colines pamprées,

A voir de loing la charge des pommiers

Presque rompus de leurs fruits autonniers,

A repousser sur l’herbe verdelette

De tour de bras l’éteuf d’une palette,

A voir couler sur Marne les bateaus,

A me cacher dans le jonc des îleaus. » 

 

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18 octobre 1605 : Baptême de Jean Senelle.

 

Fils d’un artisan vitrier ou verrier, Jean Senelle nait à Meaux. Il est baptisé le 18 octobre 1605 dans l’église Saint-Nicolas. Senelle fut sans doute l’élève du peintre Georges Lallemant, dont il s’inspira dans ses premières œuvres, comme la prédication de Jean-Baptiste, peinte pour la cathédrale de Meaux en 1629.

Vers 1640, Jean Senelle collabore avec Vouet au décor de l’abside de la chapelle de l’évêché de Meaux. Il se lie aux grandes figures de l’art parisien : La Hyre, Vignon, les frères Vouet. Une très riche collection des œuvres de Jean Senelle est aujourd’hui conservée au musée Bossuet.


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27 octobre 1845 Inauguration de

 l’Hospice Géneral de Meaux


 

La construction de l’Hospice Géneral débuta en 1842 et s’acheva en 1845. Il était conçu sur le modèle des Hospices traditionnels comprenant des bâtiments agencés autour d’un point central, une chapelle et une cour d’honneur. Cet établissement avait une capacité de 350 Lits, mais connut très vite des agrandissements. Un pavillon d’isolement fut prévu par exemple pour les maladies contagieuses en 1888. Il servit pendant les deux guerres à l’accueil et au traitement des blessés. La capacité de l’Hospice Général évolua considérablement en un siècle. En 1956, elle atteignait 524 lits. Au cours des années 1960, compte tenu de l’expansion démographique de la ville, cet équipement hospitalier paraissait largement sous-dimensionné face aux besoins. C’est pourquoi un vaste programme fut engagé sur plusieurs années, aboutissant en 1970 à l’actuel centre hospitalier de Meaux.



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Octobre 1253 : le chapitre cathédral et l’évêque Pierre de Cuisy signent un contrat avec

 l’architecte Gautier de Varinfroy pour reconstruire le chœur de la cathédrale.


La construction  de la cathédrale gothique de Meaux commence vers les années 1170-1180. Mais dans le troisième quart du XIIIè siècle, il faut déjà engager des réparations dans le chœur qui présente des signes d’instabilité. Un contrat est donc signé avec Gautier de Varinfroy. Son salaire annuel s’élève à 10 livres, auquel s’ajoutent 3 sous par journée de travail effectif et de tournées effectuées à la demande du chapitre. L’état de délabrement de l’édifice est tel, à en croire les textes, qu’il faut « non seulement une réparation, mais encore une réfection de l’ouvrage pour ainsi dire totale ». Le nouveau chœur, reconstruit par Gautier de Varinfroy jusqu’en 1275, adopte un nouveau style architectural, inspiré des chantiers parisiens et champenois, connu sous le nom de gothique rayonnant. Il tend à plus de légèreté dans les structures et au raffinement dans les détails.


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6 novembre 1871 : Le corps du général Raoult est solennellement inhumé au cimetière de Meaux.

 

Né à Meaux le 26 décembre 1810, Noël Raoult fait une brillante carrière militaire sous le second empire. Il participe notamment aux batailles de Sébastopol, de Magenta et de Solférino. Sa bravoure, lui vaut de nombreuses décorations. En juillet 1870, lorsque la guerre franco-prussienne éclate, il monte en première ligne à la tête de la 3ème division de la première armée. Mortellement blessé à la bataille de Reichshoffen, il succombe le 3 septembre 1870. En raison de l’état de guerre et de l’instabilité politique en France, le corps du général Raoult n’est rapatrié à Meaux que le 8 mai 1871. Ses restes sont déposés dans un caveau provisoire. Le corps du général est enfin inhumé lors d’une cérémonie solennelle, le lundi 6 novembre 1871, au cimetière de Meaux. En 1891, une statue du général Raoult est érigée place Henri IV, à l’initiative du conseil municipal.

 

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9-13 novembre 1852 : Gérard de Nerval raconte dans l’Illustration, son voyage à Meaux

et la soirée qu’il passe au café de Mars.

 

Arrivé à Meaux par une matinée pluvieuse, Gérard de Nerval se réfugie dans un café où il découvre l’affiche d’une attraction prévue pour le soir même. Il s’agit de la présentation d’une « très jolie femme ayant pour chevelure une belle toison de mérinos couleur marron ». Il décide donc de passer la nuit à Meaux pour se rendre à ce curieux spectacle. Cette nuit là, Gérard de Nerval fait un pénible cauchemar, dont il ne se remet qu’après une charmante promenade matinale :

« Allons errer sur les bords de la Marne et le long de ces terribles moulins à eau dont le sou venir a troublé mon sommeil.

« Ces moulins, écaillés d’ardoises, si sombres et si bruyants au clair de lune, doivent être pleins de charme au soleil levant.

« je viens de réveiller les garçons du Café du Commerce. Une légion de chats s’échappe  de la grande salle de billard, et va se

jouer sur la terrasse parmi les thuyas, les orangers et les balsamiques roses et blanches. Les voilà qui grimpent comme des singes le long des berceaux de treillage revêtus de lierre (…)

« Qu’il est doux pour un cœur sensible de voir se lever l’aurore sur la Marne, à quarante kilomètres de Paris ! »

 

 

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Novembre 1718 : Le cardinal Henri Thiard de Bissy, évêque de Meaux, visitant l’Hôtel-Dieu de Meaux, décide de doter cet établissement d’une apothicairerie.

 

L’existence de l’Hôtel-Dieu de Meaux remonte à 1179. Ces établissements, fondés grâce à de généreux donateurs, avaient pour mission de recueillir, héberger et soigner de pauvres gens. Le grand Hôtel-Dieu de Meaux avait été construit par la vicomtesse Aude de la Ferté-sous-Jouarre en mémoire de son mari Simon, mort en terre sainte. Il se trouvait entre l’actuelle rue des Vieux-Moulins et la rue Martimprey. En 1718 donc, Mgr de Bissy décida de doter cet établissement d’une « poticairerie » afin de préparer sur place les remèdes nécessaires aux malades. Elle fut inaugurée le 9 août 1719. Le musée Bossuet conserve encore aujourd’hui une partie des objets qui furent utilisés dans ce lieu : pots de faïence, boîtes à herbes et produits divers. Les vases de faïence de la région parisienne sont à décor bleu : rameaux noués et boutons de fleurs.

 

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26 novembre 1646 : Procession à Meaux de 56 captifs rachetés par les religieux Trinitaires à Alger

 

Depuis le Moyen Age, les navires voguant sur la Méditerranée faisait l’objet de razzias et de pirateries. Maures, Turcs et corsaires s’emparaient des marchandises et réduisaient les membres d’équipages à l’esclavage. Les trinitaires s’étaient donnés pour mission de racheter les captifs chrétiens aux musulmans et de faciliter les échanges de prisonniers. A leur retour au pays, les anciens captifs participaient à des processions dans les villes où les Trinitaires possédaient un couvent. C’est ainsi qu’en 1646, une procession de ce genre se déroula à Meaux. Les captifs se rendirent aux principales églises et abbayes de la ville. Ils furent reçus à la cathédrale par un carillon de cloches et les grandes orgues, sous l’acclamation d’une foule nombreuses. Après la messe, la procession se rendit à l’abbaye de Notre-Dame du Marché. Puis ce fut le départ vers Paris.

 

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Fin novembre 1827 : Lafayette élu député de l’arrondissement de Meaux, à l’issue des élections des 17 et 24 novembre.

 

Le général Lafayette, héros de l’indépendance américaine, se retire après 1799 au château de la Grange-Bléneau à quelques kilomètres de Rozay-en-Brie. Ses relations avec Napoléon Bonaparte sont difficiles et il préfère prendre ses distances vis-à-vis d’un régime qu’il considère contraire à la liberté. Les Cent-Jours et le retour de l’empereur de l’île d’Elbe sont l’occasion d’un retour de Lafayette au devant de la scène politique. Il figure parmi les députés de l’assemblée qui exigèrent l’abdication définitive de Napoléon. Sous la Restauration, il est député de la Sarthe en 1818 et député de Meaux en 1827. Il participe également à la révolution de 1830, quatre ans avant sa mort.


 

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17 décembre 1589 : Crue de la Marne.

 L’église des Cordeliers

 au faubourg Saint-Nicolas est envahie par les eaux.

 

En décembre 1589, Meaux connaît une des plus fortes crues de son histoire. L’eau cause beaucoup de ravages. Elle entre dans l’église des Cordeliers (aujourd’hui Saint-Nicolas), où elle mine le sol à tel point que les sépultures qui l’occupent sont bouleversées. A la catastrophe naturelle s’ajoutent en ces temps-là les fureurs de la guerre civile qui oppose les partisans du roi Henri IV aux troupes de la Ligue. La région de Meaux subit de nombreuses dévastations perpétrées par les bandes armées.

 

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18 décembre 1859 : Bénédiction des nouvelles cloches de la cathédrale par Mgr Allou, évêque de Meaux.

 

« …à l’issue de la messe de midi, toute la population de notre ville semblait s’être donné rendez-vous dans la cathédrale : tout annonçait une imposante cérémonie. Au milieu du transept, sous des voûtes de feuillage et de fleurs, apparaissaient suspendues quatre magnifiques cloches…D’après la tradition, la première a été appelée Marie et placée sous le vocable de la Sainte Vierge ; la seconde, Etiennette, a pris le nom du patron de la cathédrale ; la troisième et la quatrième rapellent les saints les plus illustres et les plus populaires de notre cité, saint Faron et sainte Céline. Les nouvelles cloches peuvent être considérées à la fois comme des instruments et des objets d’art. On à déjà pu saisir l’éclat et l’ampleur des sons : ce qui prouve la pureté du métal et la perfection de leur forme » (Journal de Seine-et-Marne, 28 décembre 1859). La plus grosse de ces cloches, Marie, pèse 3214kg. La deuxième, Etiennette, pèse 1605 kg. Faronne pèse 900 kg. Enfin Céline, La quatrième, pèse 350 kg.

 

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29 décembre 1717 : Suite à un édit du roi, les habitants de Meaux se réunissent au château royal pour élire leur maire. Droit qui leur avait été retiré depuis la Jacquerie.

 

Depuis l’exécution de Jean Soulas, maire de la ville, e, 1358, on n’élit plus que des échevins à Meaux. Les fonctions de maire sont remplies  par lieutenant général du bailliage. Cette première élection, après tant d’années d’interruption, ne se fait pas sans quelques contestations. Le peuple paraît avoir usé avec calme de son droit, mais entre les différentes autorités rivales, de multiples protestations, cotre-contestations, observations, réponses et répliques s’échangent avant et après l’élection. Finalement, c’est Nicolas Payen, Lieutenant général du bailliage, qui est élu et continue ainsi pour trois ans, la charge qu’il assumait déjà. Une sorte de fête publique spontanée marque la joie qu’éprouvent les habitants de se voir restituer ainsi un droit qu’ils revendiquaient depuis longtemps.